i-Vacances

Que faire lors d'un premier voyage en Islande : le guide essentiel

Premier voyage en Islande : oubliez la liste de sites à cocher. Distance se lit en temps, météo imprévisible, budget réel de 150 à 200 €/jour. Voici comment éviter l'erreur du planning à la demi-heure.

Que faire lors d'un premier voyage en Islande : le guide essentiel

Un couple que je croise à la station-service de Vík me demande si « on peut voir le Cercle d'Or demain matin avant de reprendre l'avion ». Il est 16 h. Ils ont atterri le matin même, ils repartent le lendemain soir. Je leur dis non, pas comme ça. Ils feront 400 km dans le brouillard, sous une pluie horizontale, et ils rentreront en France avec la sensation d'avoir traversé un parking.

L'Islande ne se visite pas comme un musée. Elle se négocie avec la météo, la fatigue et la distance. Pour un premier voyage en Islande, la vraie question n'est pas « que voir ». C'est « combien de choses je renonce à voir pour que les trois que je garde me marquent vraiment ». J'ai fait l'erreur inverse lors de mon premier passage : douze jours, un planning à la demi-heure, et un souvenir flou de tout. Depuis, je fonctionne autrement, et je vais vous expliquer comment.

Points clés à retenir

  • La distance entre deux points sur une carte islandaise se lit en temps, pas en kilomètres : une piste de 30 km peut prendre une heure et demie.
  • Réservez véhicule et hébergements côtiers plusieurs mois à l'avance en été, sinon vous dormirez loin de tout.
  • Ne planifiez jamais plus de deux sites majeurs par jour. La météo fera sauter au moins un plan sur trois.
  • Un budget réaliste tourne autour de 150 à 200 € par personne et par jour en voiture, essence et repas inclus.
  • La voiture de location se prend avec le plein d'options d'assurance, pas au rabais. Une portière arrachée par le vent coûte plus cher que l'assurance annuelle.
  • Le permis français suffit pour conduire sur l'île. Il ne suffit pas pour les pistes F, qui exigent un 4x4 et un vrai cran.

Ce que votre premier voyage en Islande va vous coûter (et ce que personne ne vous dit)

Trois semaines avant mon premier départ, j'avais un tableur. Vols, guesthouses, tickets de ferry pour l'île de Viðey. Je pensais être organisé. J'étais surtout en train de préparer un itinéraire inapplicable.

Le problème n'est pas l'organisation. C'est le taux de déchet. En Islande, sur un séjour de sept jours, comptez qu'un jour entier part en récupération — décalage horaire, arrivée à 2 h du matin à Keflavík, location de voiture qui prend 45 minutes de queue, premier vrai repas à midi. Il reste six jours. Sur ces six, la météo en annulera un ou deux, souvent un jour entier où la route côtière ferme pour cause de vent. Il vous reste quatre jours pleins. Si votre programme en contient dix, vous allez en sacrifier six en roulant.

Combien coûte une journée sur place ?

Je tiens un carnet de dépenses depuis trois voyages. Sur le dernier, en voiture, en été, à deux : essence autour de 80 à 100 € par jour dès qu'on bouge (le carburant est cher, l'autonomie ridicule sur les petits SUV), hébergement de 120 à 250 € la nuit en guesthouse avec salle de bain partagée, et 50 à 70 € de repas si on mange une fois au restaurant par jour. Le reste en sandwichs de supermarché et en café de station.

Ajoutez les entrées : un bain géothermique payant type Blue Lagoon ou Sky Lagoon tourne autour de 60 à 90 € par personne selon le créneau. Les piscines municipales, elles, coûtent le prix d'un café à Paris. C'est là que je vais maintenant, sans exception.

Quand partir en Islande ?

La réponse honnête dépend de ce que vous cherchez. L'été, de fin juin à mi-août, offre le soleil de minuit — il ne fait jamais vraiment noir, vous pouvez rouler jusqu'à 23 h sans problème. Mais c'est aussi la haute saison : les sites sont pleins, le Cercle d'Or se visite en convoi, et les prix grimpent de 30 à 40 % par rapport à mai ou septembre.

Pour un premier voyage, je défends personnellement fin mai ou début septembre. Lumières longues quand même, foule réduite de moitié, tarifs moins violents. L'hiver, c'est autre chose : quelques heures de jour, routes régulièrement fermées, aurores boréales si le ciel veut bien. Magnifique si vous savez dans quoi vous vous engagez. Suicidaire pour un premier séjour de cinq jours.

Combien de jours prévoir pour un premier voyage en Islande ?

Trois durées reviennent en boucle quand on prépare ce genre de séjour. Voici ce que chacune permet réellement, sans mentir.

Durée Ce que vous pouvez faire Ce que vous sacrifiez
5 jours Reykjavík, Cercle d'Or, côte sud jusqu'à Vík, retour par la même route Le nord, les fjords, tout l'est du pays. Vous faites l'aller-retour deux fois.
7 jours Le tour de la Route 1 en accéléré, une étape par nuit, très peu de randos Vous passez vos journées au volant. Le rythme est brutal.
10 jours Tour complet avec une journée de marge, deux randos, un bain géothermique Rien d'essentiel. C'est la durée que je recommande pour une première.

Le format 7 jours tient, techniquement. Il suppose que vous acceptez de conduire trois à quatre heures par jour sur des routes à une voie avec des ponts à sens unique. Beaucoup de gens le font. Peu le refont.

Visiter l'Islande en 7 jours, concrètement

Le schéma qui marche : deux nuits à Reykjavík au début, puis vous descendez la côte sud — Selfoss, Vík, la lagune glaciaire de Jökulsárlón — et vous remontez par l'est jusqu'à Egilsstaðir, avant de couper vers le nord et Akureyri. Retour par la route intérieure ou par la côte ouest. Vous ne vous arrêterez pas partout. C'est le principe.

Visiter l'Islande en 10 jours, la version que je défends

Même boucle, plus une nuit supplémentaire dans les fjords de l'est et une journée de respiration dans le nord. Cette marge, vous la passerez à attendre que le brouillard se lève, ou à faire demi-tour parce qu'une piste est fermée. Ce n'est pas du temps perdu. C'est le prix d'entrée pour voir quelque chose.

Visiter l'Islande en 5 jours, si vous n'avez pas le choix

Restez sur la côte sud. Reykjavík, Cercle d'Or, Skógafoss, la plage de sable noir de Reynisfjara, Vík, et demi-tour. Cinq jours bien remplis sur une bande de 200 km valent mieux que cinq jours étalés sur 1 400 km. J'ai testé les deux. Le premier m'a laissé des images, le second des courbatures.

Que faire en Islande quand on n'a jamais mis les pieds sur l'île

Le Cercle d'Or, tout le monde le connaît : Þingvellir, Geysir, Gullfoss. Trois arrêts sur une boucle de 300 km au départ de la capitale. C'est bien. C'est aussi la portion la plus fréquentée du pays — au point que sur le parking de Geysir, en juillet, j'ai vu plus de bus que de voitures.

Que faire en Islande quand on n'a jamais mis les pieds sur l'île

Ma règle : faites le Cercle d'Or, mais partez avant 7 h du matin. Vous serez sur Gullfoss à 9 h, seul avec le bruit de l'eau. À midi, vous serez dans la file.

Le Cercle d'Or vaut-il vraiment le détour ?

Oui, une fois. Þingvellir est géologiquement fascinant — vous marchez dans la faille entre les plaques nord-américaine et eurasienne. Gullfoss est une cascade à deux paliers qui coupe le souffle. Mais si vous n'avez que cinq jours, vous pouvez techniquement le sauter au profit de la côte sud, plus variée. Je ne le ferais pas. Le Cercle d'Or reste la meilleure introduction à ce qu'est ce pays.

Et si vous voulez sortir des sentiers battus ?

  • La péninsule de Snæfellsnes, à deux heures de route au nord de Reykjavík : moins de monde, des falaises, un volcan sous glacier, et des villages de pêcheurs quasi déserts.
  • Les sources chaudes gratuites, comme celles qu'on trouve en bord de route dans la vallée de Reykjadalur. Une heure de marche, puis vous vous baignez dans une rivière à 40 °C.
  • Les fjords de l'ouest, si vous avez dix jours. Routes étroites, tunnels, presque personne. Mon meilleur souvenir du dernier voyage.
  • Un ferry vers l'île de Viðey depuis le port de Reykjavík, pour une demi-journée calme.

Les erreurs de débutant que je vois se répéter chaque été

La première : sous-estimer le vent. À Reynisfjara, sur la plage de sable noir, il y a des panneaux. Deux touristes y sont morts ces dernières années, emportés par une vague. Ce ne sont pas des vagues de baignade. Ce sont des rouleaux de 3 mètres qui surgissent sans prévenir et qui vous broient contre les galets. Restez à 30 mètres de l'eau. Toujours.

La deuxième : croire qu'un SUV de location passe partout. Les pistes F — la nomenclature locale pour les routes de montagne — exigent un vrai 4x4, et votre contrat d'assurance peut devenir nul si vous y allez avec un véhicule inadapté. Si vous ne savez pas ce qu'est une piste F, vous n'avez rien à y faire.

La troisième : oublier que le permis français suffit, mais que les règles locales ne pardonnent pas. Phares allumés en permanence, ceinture pour tous, tolérance zéro sur l'alcool (0,2 g/L, soit un verre de vin), et des limitations basses même sur les grands axes. Les radars sont partout et les amendes se paient sur place.

Les codes locaux à connaître

Pas de pourboire. Les prix affichés sont TTC. L'anglais fonctionne partout, le français quasiment nulle part. Les Islandais appellent leur pays par son nom, pas par des périphrases, et trouvent étrange qu'on s'étonne qu'il fasse froid. Un décalage de deux heures avec Paris l'été, une heure en hiver : vous ne le sentirez presque pas.

Un détail que personne ne mentionne : les douches publiques. Dans les piscines et les bains, on se lave nu, à fond, avant d'entrer dans l'eau. Les panneaux sont clairs. Ce n'est pas négociable, et c'est le premier truc qui met les Français mal à l'aise.

Les préparatifs qui changent vraiment le voyage

Réservez la voiture trois à quatre mois avant un départ en été. J'ai comparé deux années de suite : le même SUV, réservé en janvier pour juillet, coûtait 40 % de moins qu'une réservation prise en mai. Les guesthouses sur la côte sud, entre Vík et Höfn, sont les premières à saturer.

Emportez trois couches, une vraie veste imperméable, et des chaussures de rando déjà rodées. Pas de parapluie : le vent le détruit en dix minutes. Le maillot de bain, en revanche, est indispensable, même en hiver — il y a des piscines chauffées partout.

Et prévoyez de la marge. Une journée tampon par tranche de quatre jours de route. C'est la seule façon de transformer un séjour stressant en un séjour dont vous vous souviendrez autre chose que du volant.

Le premier voyage en Islande ne se joue pas sur le nombre de cascades vues. Il se joue sur ce que vous acceptez de ne pas voir. Ce couple de la station-service, à Vík, a finalement annulé son Cercle d'Or. Ils ont passé la soirée sur la plage, à regarder la lumière tomber sur les falaises. Ils m'ont écrit trois semaines plus tard. C'est ça qu'ils retenaient.

Loïc Sauvage

Loïc Sauvage

Loïc Sauvage est un photographe passionné, reconnu pour son expertise en photographie de paysage et ses carnets de voyage captivants. Avec un regard unique et une sensibilité artistique, il capture la beauté du monde naturel et partage ses découvertes à travers des récits visuels inspirants. Ses œuvres invitent le spectateur à explorer de nouveaux horizons et à apprécier la richesse des paysages qui nous entourent.

Voir tous les articles →

Articles similaires